17 janvier : Rotorua

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Wellington / Rotorua (455 km – 6h30)

Il faut se lever à 5h30 ce matin car l’heure du départ à 7h20 est matinale vue la longue route qui nous attend! On remonte jusqu’à Rotorua en faisant un détour par Waitomo. D’abord, on roule trois heures durant en remontant vers le nord et en passant par Mangaweka et on aperçoit au loin le volcan Ruapehu (2797 m) qui est le point culminant de l’Île du Nord autour duquel on va tourner. On le voit ici au zoom alors qu’on est encore dans un paysage de prairies… C’est l’un des volcans les plus actifs du monde et ses grondements fréquents nous le rappellent… (deux importantes explosions en 2012)

Puis on entre dans le Parc National du Tongariro qui abrite une flore unique de forêts épaisses, de toundras sauvages et de zones désertiques. C’est le premier Parc national et il a été cédé en 1840 par des chefs maoris aux anglais lors du Traité de Waitangi qui repose sur un immense malentendu. (voir au bas de la page).

Le Parc est également classé depuis 1993 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour ses paysages spectaculaires d’abord, mais également pour ses trois montagnes et leur immense signification culturelle et spirituelle pour les Māoris.
Légende Maori du Tongariro
D’ailleurs, la légende raconte que le Parc fut constitué initialement de 4 volcans. La belle Ruapehu, mariée à Taranaki, se laissa courtiser un jour par Tongariro. Ce dernier, profitant de l’absence de Taranaki parti chasser, gagna le coeur de Ruapehu. Seulement à son retour de chasse, Taranaki surprit les deux amants et entra dans une colère noire. Taranaki et Tongariro entamèrent alors une bataille, qui fut finalement remportée par Tongariro. Assommé par sa défaite et par la perte de sa bien-aimée, Taranaki se retira sur la côte ouest, creusant derrière lui le lit de la rivière Wanganui.

Vient ensuite le Mont Tongariro qui est le plus petit du trio et culmine à 1.967 mètres. C’est ce volcan qui abrite les fameux lacs Emeraudes et le lac Bleu, accessibles notamment en randonnant sur le Tongariro Alping Crossing.

Image des lacs (copiée sur internet)

Le Mont Ngauruhoe quant à lui culmine à 2.287 mètres d’altitude. Il est le volcan le plus jeune du Parc et le plus actif de Nouvelle-Zélande. A l’inverse de ses voisins, il est composé d’un cône unique et ses flancs lisses et parfaitement symétriques lui confèrent une forme très caractéristique. C’est la raison principale pour laquelle il a été choisi pour représenter la Montagne du Destin dans le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson :

Mont Ngauruhoe : en passant nous avons vu des fumerolles et non un nuage !!
Les deux volcans : Ruapehu (à droite) et Ngauruhoe (à gauche)

D’un point de vue géologique, ce sont de jeunes volcans (ils auraient un peu moins de 300.000 ans !). Ils se sont formés à l’extrémité sud d’une très grande chaîne de volcans de près de 2.500 kilomètres, à l’endroit où la plaque Pacifique s’enfonce sous la plaque Australienne.

Puis on s’arrête au milieu du Parc pour prendre des photos du village de Whakapapa, (prononcé « fakapapa », 1140 m d’altitude), point de départ des randonnées, et pour manger dans l’extraordinaire Chateau Tongariro hôtel : formidable bâtisse surgie dans le désert du Parc…au pied du volcan…

On mange au château Tongariro et on admire son style rétro…

On repart ensuite en direction de la ville de Taupo, lieu de villégiature très prisé par les néo-zélandais à cause de son très beau lac (40km de long sur 30 km de large) et de ses activités. Elle est au coeur du Central Plateau ; son succès lui vient de son activité géothermique, engendrée par une gigantesque explosion volcanique survenue au IIe siècle. Il y avait des sculptures maoris à voir sur le lac qui a rempli la caldera, mais on n’a pas le temps de s’arrêter.

Sculptures maoris

On longe le lac puis toujours en remontant vers le nord, on arrive à la hauteur de Rotorua. On ne visite pas le site Te Puia mais on va cheminer par une grosse chaleur le magnifique site de Wai O Tapu qui déploie une somptueuse palette de couleurs : jaune pour le soufre, rouge foncé pour l’oxyde de fer, violet pour le manganèse au travers de lacs, de piscines de boue en ébullition…

Cratère effondré à cause des vapeurs acides
Bassins de boue
Bassin Champagne (65 m de diamètre et 60 m de profondeur) température de 74 °


Après une longue visite du site, nous rejoignons le bus pour arriver à l’hôtel Sudima à Rotorua où règne une odeur de soufre. L’endroit est profondément ancré dans les traditions maoris qui représentent 35% de la population. Il y a même un village reconstitué habité par ces maoris qui expliquent tous ces phénomènes géothermiques mais nous rejoignons le restaurant pour participer à un dîner Hangi suivi d’un spectacle avec les Maoris.

Tel le représentant d’une autre tribu en visite, nous avons assisté à un powhiri , une cérémonie d’accueil maorie, régie par un protocole (kawa) strict.

Elle se passe en général devant le marae , espace communautaire, qui comporte une cour, un wharenui (maison commune) et souvent d’autres bâtiments ou whare (cantine, école…). Lors de la cérémonie, un guerrier de la tribu qui reçoit pratique le wero , une danse guerrière, en faisant virevolter son taiaha (lance de guerre) pour impressionner l’autre tribu. Il dépose ensuite sur le sol un présent rituel que le représentant de la tribu en visite accepte en signe de paix.

le Hongi

S’ensuit le langoureux appel des femmes, karanga , pendant lequel la tribu invitée avance vers le wharenui. Une fois les tribus rassemblées, leurs membres se saluent en pratiquant le hongi , qui consiste à presser son nez contre celui de son interlocuteur. La cérémonie terminée, les tribus entrent dans le vif du sujet, discussions (korero) ou spectacles, ainsi que vous pouvez le voir dans certaines mises en scène touristiques à travers le pays (surtout à Rotorua). Au programme, haka (rituel guerrier), danses avec des poi (boules au bout d’un fil) et chants avec guitare et flûte.

le Haka

Puis arrive le moment du hangi , le repas autour du plat cuit dans des braises enfouies dans la terre, un festin important pour tous ! Hangi signifie « four creusé dans la terre », d’après le procédé de cuisson dans le sol, similaire à l’umu polynésien

Un peu d’Histoire

Selon la légende, la découverte du pays revient à Kupe qui lui donna le nom d’Aotearoa, la «Terre du long nuage blanc».

La question de l’origine des Maoris soulève encore des débats mais les scientifiques s’accordent sur le fait qu’ils viennent d’une île située en Polynésie Française (que les maoris nomment “Hawaiki”). Avant cela, les incertitudes commencent. il y plusieurs milliers d’années, ce peuple aurait quitté le sud-est de l’Asie pour coloniser le Pacifique en direction de l’est. A partir d’Hawaiki, les ancêtres des maoris découvrent les îles Hawai au nord, l’île de Pâques au sud-est et enfin la Nouvelle-Zélande au sud-ouest.

Après avoir traversé le Pacifique Sud en pirogues (waka), les polynésiens arrivent en Nouvelle-Zélande, terre alors vierge de toute trace humaine, aux alentours du IXème siècle.

Ils nomment cette terre Aotearoa, “la terre au long nuage blanc”. Traditionnellement, chaque maori peut retracer sa généalogie (whakapapa) jusqu’au nom de l’une des sept pirogues sur laquelle sont arrivés ses propres ancêtres.

En 1642, le navigateur hollandais Abel Tasman est le premier Européen à atteindre les parages d’Aotearoa. Les 2 îles principales sont alors nommées Nouvelle-Zélande d’après le nom d’une province hollandaise.

Dans une terre encore sans foi ni lois, où aventuriers, baleiniers, repris de justices créent un embryon de société européenne, le premier missionnaire, Samuel Marsden , explore Hauraki Gulf en 1820 (golfe d’Auckland). Il est également le premier missionnaire à explorer Waitemata Harbour et Manukau Harbour, au large desquels, cinquante ans auparavant, James Cook ne fait que passer. Seuls quelques bateaux s’arrêtent alors sur ces côtes pour trouver du bois en vue de réparer les espars.

En 1827, le capitaine français Dumont d’Urville est le premier à cartographier la région qui deviendra Auckland. À bord de l’Astrolabe, il jette l’ancre sur une plage près de North Head (aujourd’hui la pointe de Devonport sur le North Shore).

Alors que la colonisation de l’Australie est bien avancée et que les différents conflits se sont apaisés en Europe, la Couronne britannique , sous la pression d’un certain nombre de ses hommes politiques, estime qu’il est temps d’annexer la Nouvelle-Zélande. En effet, la France menace de bientôt s’ancrer dans l’île du Sud près de Christchurch et plusieurs riches communautés commencent à se comporter en républiques autonomes.

Le gouvernement colonial ayant poussé, pour une gestion coloniale simplifiée, au regroupement des Maoris en une Confédération des Tribus Unies de Nouvelle-Zélande, n’a plus qu’à demander à celle-ci, en échange de garanties de protection, de consentir formellement à un transfert de souveraineté (de fait l’annexion du pays).

Un groupe de chefs maoris  (ne représentant toutefois pas l’ensemble des tribus) et un représentant de la Couronne, William Hobson , se réunissent donc dans la Bay of Islands et signent, le 6 février 1840, le traité de Waitangi  (Treaty of Waitangi). Le traité part ensuite à travers tout le pays pour recevoir les signatures d’autres chefs, du nord au sud, et ce, à la barbe des français qui débarquent peu après à Akaroa.

Il confère à la Couronne d’Angleterre pleine souveraineté sur la Nouvelle-Zélande, en échange de laquelle les Maoris se voient reconnaître certaines garanties relatives aux conditions de cession de leurs terres et à leur participation aux décisions politiques à l’échelle de la colonie.

« Les Māoris n’ont jamais pu accepter ce traité. Ils ont toujours considéré l’achat des terres par les Britanniques comme du vol. En effet, au moment de la signature du traité, les Māoris possédaient 20 millions d’hectares de terre… À la fin du XIXe siècle, il ne leur en restait que 4 millions!

Aujourd’hui, le traité est loin d’être de l’histoire ancienne et régit toujours les relations Pakehas-Maoris . De nombreuses protestations et émeutes, notamment en 1971, le jour anniversaire de la signature du texte, mènent en 1975 à la création du tribunal de Waitangi, dont la mission est de traiter les différends issus du non-respect du traité, de la confiscation des terres et des ressources. Depuis, de nombreuses terres ont été rendues à travers le pays et de nouvelles requêtes sont déposées chaque année dans ce processus de réparation unique en son genre et alimente des débats enflammés au sein de la scène politique et de la société civile.

En 1856, un gouvernement parlementaire distinct de la Grande-Bretagne est créé, et au fil du temps le pouvoir politique va se partager entre les libéraux et les conservateurs.
Les gouvernements dirigés successivement par John Ballance, Ricchard John Seddon et Sir Joseph George Ward, mettent en place un programme de réformes agraires et une législation sociale (salaire minimum, syndicats).

La Nouvelle-Zélande est le premier pays au monde ayant accordé le droit de vote aux femmes en 1893.

Au 20ème siècle, la Nouvelle-Zélande paie un très lourd tribut humain pendant les deux guerres mondiales, ses troupes militaires ayant participé activement à de nombreuses batailles aux côtés des Australiens dans le fameux corps ANZAC. Aujourd’hui encore, le souvenir de ses soldats est célébré chaque 25 avril.

La Nouvelle-Zélande fait à ce jour encore partie du Commonwealth Britannique.

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